Propos d'un detenu













"Tous les taulards ont besoin de parler, parler d’injustice c’est parler d’une maladie
incurable. Chaque homme dispose du droit de réagir à sa façon, d’avoir peur, d’
être courageux, de se révolter ou de se soumettre La prison est une caricature, l’
exploitation de l’homme par l’homme. La prison qu’est ce que c’est !un bâtiment ou
chaque porte à une clé ou chaque fenêtre à des barreaux et qui est entouré de
hauts murs aveugles. La prison fait peur mais elle fascine ceux de l’exterieur.La
prison est le mur qui arrête. La prison tambour raisonnante de toutes les misères
du monde. La prison un grand couvent sale et sans spiritualité. Elle ne répare rien,
ne dissuade pas et ne réhabilite pas, un torchon que tu laves est toujours aussi
sale, la réinsertion un trompe l’œil qui favorise la récidive.  J’ai appris à chier dans
un sceau et à regarder un mur toute une journée, quel est l’intérêt de m’avoir
enfermer. Les traitements inhumains ou dégradants sont caractérisés dans ces
endroits immondes que sont les maisons d’arrêt, les cellules surpeuplées, une
ménagerie humaine ou la loi du plus fort s’impose comme dans la jungle africaine.
En prison on se saoule avec des rêves et des illusions, le rêve est une drogue, il n’
y a pas de remèdes contre ça autres que la liberté. Enculés de souvenirs qui
cassent le moral, c’est pire que la came, il n’existe pas de sevrage pour en guérir.
Dieu à fait de l’espoir un printemps éternel dans le cœur de l’homme. Pour ceux
qui vivent l’enfermement, ceux qui ne verront jamais le ciel devenir bleu ou gris car
leurs yeux sont pleins de nuit. Ceux qui n’écrivaient pas, parce qu’ils n’osaient pas
demander ça va ! La solitude en prison c’est comme la lèpre, on glisse que si l’on
à rien à quoi se retenir .L’amour d’une mère remonte les océans »proverbe russe
» pour les familles, leur cœur et leur vie sont en prison. Les gens malheureux ont
un défaut, ils font le bonheur de personne. Ces voies amies qui aident à tenir, à
croire au retour de la lumière, à l’éclat de la liberté. J’avais toujours comparé la vie
à un long trajet que nous réalisons en suivant des voies rencontrées par hasard.
La chance n’existe pas encore moins la malchance, le hasard n’est pas la fatalité.
Au loto de la vie, il faut tenter sa chance car les numéros gagnants sont en vous,  .
Les quatre points cardinaux de ce que l’on appelle une société sont : la
malchance, la bêtise humaine, la souffrance et l’indifférence, c’est le lot quotidien
de ce que peux espérer trouver un détenu à son entrée dans l’univers carcérale. Il
ne faut jamais trop penser à la liberté sinon elle vous tue, elle ne semblait jamais
se rapprocher et donnait l’impression qu’on pédalait dans le vide en peinant et en
poussant toujours droit devant, sans jamais avoir la sensation de se rapprocher du
but. Le bonheur est une chose fragile et éphémère, il convient de se battre pour le
conserver. Il y a deux naissances dans la vie, le jour l’on vient au monde et le jour
ou l’on ouvre les yeux.  L’existence que l’on vit soit même est toujours banale, ce
qui ôte sa banalité c’est le regard des autres, tu peux sortir quelqu’un de prison
mais jamais sortir la prison de sa tête."
Freedom  Justice
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