Cinq ans après deux rapports déjà accablants, le Conseil de l’Europe vient de classer
les prisons françaises parmi les pires de l’Union. A l’initiative du Nouvel Observateur,
plus de 200 personnalités ont voulu réagir.

Au prix d'une insécurité juridique accrue, le gouvernement inscrit sa politique pénale
dans un mouvement de réforme perpétuel. En renforçant les pouvoirs de l'accusation et
en démantelant les garanties procédurales du justiciable, il vise à intégrer la justice
dans une administration de la répression. Par la multiplication des infractions et
l'alourdissement des sanctions, il exprime sa volonté de punir toujours davantage les
diverses figures de l'ennemi intérieur.


Appel du NouvelObs

NOUS, citoyens français et européens, responsables politiques, professionnels de la
justice, personnalités du monde du spectacle ou de la société civile, surveillants,
anciens détenus, victimes d’erreur judiciaire, parents de victimes ou familiers de
personnes écrouées, nous disons la honte que nous inspirent les prisons de notre pays.
Sans jamais oublier le respect dû aux victimes et à leurs proches, nous voulons
rappeler haut et fort que, dans la peine d’emprisonnement, la privation de liberté est la
seule punition prévue par la loi. L’humiliation, l’abaissement de la personne, l’abandon
des détenus à la violence et à la loi du plus fort, bref, la négation de l’homme dans le
prisonnier, qui ont cours dans le monde carcéral, sont des châtiments arbitraires et
inhumains. Ils sont de plus inefficaces : la destruction psychologique de tant de détenus
contredit aussi le légitime souci de la sécurité publique. Quand elles sont lieux d’
injustice, les prisons sont l’école du crime. La protection des citoyens, premier devoir de
l’Etat, suppose des prisons qui amendent le condamné et non, comme trop souvent,
des cloaques surpeuplés sans règle ni merci qui provoquent la récidive.
Souvent des justes ont crié leur indignation et alerté l’opinion. Parfois les responsables
ont répondu par des diagnostics lucides et des promesses précises. Les bonnes
intentions se sont rarement concrétisées. Alors que des mesures peuvent et doivent
être prises immédiatement.
Nous, citoyens d’un pays qui se veut exemplaire dans le combat pour les droits de l’
homme, réclamons la mise en œuvre immédiate d’une politique de modernisation –
favorisant les peines alternatives et le suivi – et d’humanisation de la prison mettant en
accord les actes de la France avec ses principes.


Liens Utiles

Rapport d'enquete du Senat

Page Wikipedia (Les prisons en France)

Site Officiel de l'administration penitenciere
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